Histoire de la lumière

Inventé par Bourgeois de Chateaublanc en 1744, le réverbère à huile arrive à Paris à la fin du XVIIIe siècle, servant d’éclairage public. Il s’agit alors d’une lanterne composée d’un bec, d’une armature et de réflecteurs métalliques. Il sera ensuite remplacé, au XIXe siècle, par des modèles à gaz. Symboles de la modernité industrielle, les réverbères et l’éclairage public ont considérablement révolutionné le mode de vie urbain, favorisant notamment le travail de nuit. A la fin du XIXe siècle, les lampadaires au bec de gaz évoluent vers des modèles électriques. La lumière artificielle permet alors de réaliser des éclairages de grande envergure, pour les avenues, les grands magasins, les cinémas, les publicités…

Au début du XXe siècle, le design s’empare des luminaires, cherchant à dépasser leur fonction première d’éclairage. En 1922 à Paris, Bernard-Albin Gras met au point un modèle de lampe à l’ergonomie originale, très résistante et à la mécanique simple (sans vis ni soudure). Cette lampe, ayant la particularité de s’adapter au bureau comme à l’intérieur d’une maison, connaitra un succès fulgurant, s’exportant à l’international. Le Corbusier l’utilisa dans de nombreuses réalisations, ainsi que d’autres artistes, et aujourd’hui, cette lampe légendaire est collectionnée à travers le monde entier.

Dans les années 50, les lampes deviennent des objets de consommation de masse grâce aux ampoules à incandescence ou halogènes. Les luminaires Gal, fabriqués en France, sont assez représentatifs de cette époque et de cet engouement. Les foyers français les plus aisés acquièrent des modèles de luminaires qui deviennent de véritables objets de collection. Les designers, venus d’Italie ou de Scandinavie, laissent parler leur créativité pour proposer des modèles développés à l’aide de nouvelles matières comme la Bakélite, la première forme de plastique, mais aussi grâce au métal. Les formes rondes et les courbes représentent bien l’esprit de ces années. Aujourd’hui, Gal réédite d’ailleurs deux de ses modèles emblématiques « le Martinet » et « l’Hirondelle ».

Véritable icône du design, la lampe Pipistrello est sans doute l’un des modèles de luminaires les plus connu au monde. Imaginée en 1965 par la designer italienne Gae Aulenti, cette lampe, au design si particulier, caractérise l’une des préoccupations de cette époque : celle de se sentir bien chez soi. En effet, le design et la décoration d’intérieur permettent alors de donner une identité à son foyer et de le créer à son image, tel un cocon. Le foyer n’est plus seulement un endroit où dormir et manger mais le reflet et la continuité de la personnalité de ses habitants.

Qu’ils aient été simplement utiles, reflets de la société de consommation ou encore objets de collection, les luminaires n’ont cessé d’évoluer à travers les époques. Aujourd’hui, après une grande période de surconsommation et de gaspillage, une prise de conscience se fait sentir notamment dans le design. Comment ? Dans le mode fabrication en petite série et entièrement local, comme celui d’Edouard Astruc avec sa lampe « Les piliers de l’univers ». Par le dialogue entre design et artisanat mis en lumière par François Bazin avec City Fog. Le design éco-friendly passe aussi par ce que représente l’objet en lui-même. Ainsi Brume de Jean-Baptiste Durand fait référence à la nature, de manière poétique, à travers une lampe diffusant de la vapeur d’eau. Bleu de Chauffe, d’Adam Ruiz, évoque le travail des mains et de la chaleur sur le métal, avec un résultat brut et unique à la fois. Enfin, le design peut créer des interactions et du lien social avec les usagers à l’image de la lampe Radieuse de Frédéric Saulou.

Du design à la rencontre de la lumière – Hôtel Renaissance Paris Vendôme